epingles

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        L’amicale du freesquet c’était ma première expérience au sein d’un collectif. J’avais rencontré certain·es membres à une teuf qu’i·els avaient organisé en mars 2022, et c’est en devenant amiexs que j’ai eu l’envie de m’investir moi aussi dans le collectif, de participer à l’organisation des fêtes libres. Il y en avait plein à ce moment-là, à peu près une tous les deux mois je dirais. On avait toujours tous·tes trop hâte de la prochaine.

        Les fêtes du fressquet c’était un prétexte, une alternative, pour faire la fête autre part que dans les lieux prédéfinis. Un prétexte pour faire la fête dehors, dans la forêt près de l’autoroute, sous les pylônes à Port du Rhin. Même en plein hiver. C’était un prétexte pour que les copaines des autres villes viennent passer quelques jours à Strasbourg. Et c’était un prétexte pour inviter tous·tes nos artistes et amiexs préféré·es. À chaque réunion pour préparer une fête, le meilleur moment c’était celui-là, quand on citait tous·tes nos artistes préféré·es qu’on aimerait inviter.

        Il y avait pas mal de personnes de la team qui faisaient de la musique, alors c’était l’occasion de se faire kiffer nous même. L’occasion pour ell·eux d’essayer des choses librement, et de se sentir entouré·es là dedans. Il y a plein de copaines qui ont commencé la musique à un freesquet en vrai ! c’était le cas de premier flocon par exemple. I·els avaient fait leur tout premier set lors de la dernière fête avant que je rencontre la team. Plus tard, Dorian et moi on avait fait un mix pendant la fête d’été de 2023 (l’étoile freelante), on avait jamais mixé mais les amiexs nous avaient appris comment faire, et au final on a trop aimé ce moment, même si c’était un peu intimidant.

étoile freelante : ☆ tommy + dodo ☆ les 3 chaudes mamés ☆ amor fati ☆ vanilla september ☆ benedict sctovile ☆ yemgi ☆ jeune gdb ☆ kerviche.dj ☆ soucigraine ☆ oélia ☆ premier flocon ☆ ktr6 ☆ stella K ☆ emma dowdy ☆ juicygabix ☆ antony no limit ☆ janomax

  1. Les meufxs de l’Amicale du Freesquet, On dégouline ensemble, article écrit pour la revue Ventoline n°4, coordonnée par Félicité Landrivon, et parue en mai 2022.
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        À part la musique, les freesquets c’était aussi beaucoup de scénographie, on avait tous·tes plein d’énergie pour rendre nos espaces chaleureux et accueillants. C’est aussi à ce moment qu’on voyait nos pratiques individuelles se rencontrer et s’entremêler. Parfois on organisait même des ateliers couture la semaine qui précédait une fête, pour fabriquer ensemble des bouts de scénographie. Alors il y avait des tissus accrochés dans les arbres, des dessins-patchwork derrière la scène, des lumières : le laser vert qui projette des lucioles dans les arbres, les lampes en forme de lune et de cœur. Aussi pour chaque fête, il y avait quelqu’un·e de la team qui se chargeait de faire l’affiche, qu’on imprimait parfois en sérigraphie à l’école.


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  1. Affiche réalisée par Anna Sougy, 2022
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        J’en reparlerais mieux dans la partie sur la Cyberrance (la prochaine épingle), mais on fonctionnait en autogestion, c’est-à-dire sans hiérarchie. On s’organisait de manière horizontale, il n’y avait ni chef·fe, ni meneur·ses, ni personne qui détenait le pouvoir sur les autrexs. Comme c’était ma première expérience au sein d’un collectif, c’était aussi la première fois que j'éprouvais cette manière de s’organiser à plusieurs. J’ai tellement appris de tous ces moments, de toutes nos fêtes et toutes nos relations. Tellement appris sur comment apprendre et construire à plusieurs.

        Si je parle au passé c’est parce que la dernière fête qu’on a organisé tous·tes ensemble était il y a un moment. Et parce que depuis, plusieurs membres du collectif ont déménagé·es de Strasbourg, à Paris, à Marseille, en Suisse. Alors les fêtes libres sont un peu en pause pour l’instant. Mais pas nos amitiés. Nos relations se tissent toujours ensemble, sous une autre forme. Et nos énergies pour faire collectif sont également toujours présentes. Je sais qu’il y a beaucoup de copaines du freesquet qui ont rejoint d’autres collectifs depuis. Personnellement c’est grâce à cette expérience que j’ai compris que je n’avais plus envie de faire seul. Que j’avais envie et besoin de faire partie d’endroits et de relations qui se construisent à plusieurs.





°°° retour au tissage ☆